seminaire jurilinguistique Présentation

Université de Nantes - CRINI Thème 2: Johannes Dahm et Mary C. Lavissière
Université de Bourgogne - Centre Interlangues - Texte, Image, Langage: Laurent Gautier, Waldemar Nazarov ; Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures Arthur Joyeux,

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Programme des séances

Vendredi 19 février 2021

14h00-16h00
Margarete Durr : « Stéréotypes et pertinence : lignes de convergence »

Vendredi 12 mars 2021

14h00-16h00
Arthur Joyeux : « Les praticiens du droit et la langue : catégorisations et représentations »

Vendredi 23 avril 2021

14h00-16h00
Laurent Gautier et Waldemar Nazarov
La corédaction en système juridique plurilingue et le figement du sens : une analyse sémantique et traductologique des ordonnances suisses liées à la COVID-19.

Vendredi 21 mai 2021

14h00-16h00
Julien Longhi : « Stylométrie, linguistique forensique, linguistique légale: quelques études de corpus pour faire la part entre mythes, fantasmes et mises à l'index »

Vendredi 4 juin 2021

14h00-16h00
Dieter Stein :  « Genre(s) in domain-specific communication »

Vendredi 18 juin 2021

14h00-16h00
Martina Nicklaus présentera son étude intitulée « Le mensonge en justice: Techniques d'identification, illustrées par des données en langue allemande."
Paolo Canavese présentera son étude intitulée « "Emploi abusif d’expressions anglaises", "inflation de termes anglais", "lutte contre le recours aux anglicismes" : les anglicismes dans le langage institutionnel suisse, entre stéréotypes et constats empiriques »

Vendredi 2 juillet 2021

Olga Galatanu présentera son étude intitulée « L’apport de l’analyse sémantico-discursive du potentiel argumentatif des stéréotypes des entités lexicales à la résolution des conflits d’interprétation du discours juridique dans les pratiques judiciaires »


 

Prochaine séance

Vendredi 12 mars 2021

14h00-16h00

Arthur Joyeux : « Les praticiens du droit et la langue : catégorisations et représentations »

Dans Stéréotype : sémiologie d’un concept, D. Slakta « propose […] une liste plaisante où se montre la force de quelques relations qui font « cliché » : […] : vertu/récompense ; vice/châtiment ; devoir/bonheur ; malheur/punition ; crime/remords ; Dieu/bonté ; et encore : acte sexuel/procréation. […] ces couples si unis donnent vigueur à plusieurs ensembles de discours, faciles à identifier : il suffit de les rapporter à quelques institutions majeures. […] A ces gracieusetés on pourrait ajouter les trois attributs essentiels administrés à la langue française : perfection, clarté, universalité ; ce qui a permis naguère de justifier quelques conquêtes : outre-mer. » (1994 : 35).

A l’ombre de la multiplication des sources du droit, que reste-t-il désormais de l’idéal de « clarté » de la norme juridique et du réalisme linguistique dans sa version aristotélicienne, présidant aux « représentations traditionnelles que les juristes ont de leur propre pratique » (Jouanjan, 2000 : 39) ? Et de la contribution des praticiens du droit à « division sociale du travail linguistique » (Putnam, 1975 : 228) à l’heure de la diffusion du Plain Language Movement ?

Notre réflexion prendra appui sur la réception en droit interne, de la phraséologie floue des instruments à la normativité graduelle et notamment de quelques standards identifiés par la doctrine dans les textes de l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats : personne raisonnable, délai raisonnable, attentes légitimes, déséquilibre significatif. Le « standard », entendu comme notion « indéterminée a priori » (Bernard, 2010 : 10) est défini par les tenants de l’approche sociologique du droit comme « une mesure moyenne de conduite sociale correcte » (Pound, 1919 : ; Tunc, 1970 : 247) reposant sur une « appréciation des comportements et des situations en termes de normalité » (Bernard, 2010 : 10). A bien des égards, il rappelle la structure du stéréotype entendu image sociale partagée de l’unité lexicale.

L’étude de la réception de ces standards par la doctrine et le juge permettra, in fine, d’apporter des éléments de réponse à la première question posée dans ce résumé.