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  • 24 mars 2022 > 25 mars 2022
    Campus Tertre
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Ce colloque se propose d’examiner les liens entre euroscepticisme et protection des droits humains au Royaume-Uni. Le phénomène du « Brexit » s’inscrit en effet dans un mouvement eurosceptique plus ancien et plus large, qui dépasse le cadre de l’Union Européenne et affecte également le rapport du pays à la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et à la loi qui l’intègre au système juridique britannique, le Human Rights Act (1998).


Le Royaume-Uni était parmi les premiers signataires de la CEDH (en 1950), mais ce n’est qu’avec le Human Rights Act, adopté en 1998 sous le gouvernement travailliste de Tony Blair et entré en vigueur en 2000, que la Convention est intégrée à la loi britannique. Le Human Rights Act a été souvent attaqué par les Conservateurs qui, depuis 2006, ont régulièrement réaffirmé leur intention de l’abroger ou d’y apporter des modifications. Cependant, le gouvernement de coalition mené par David Cameron de 2010 à 2015 n’a pas concrétisé son projet de remplacer le Human Rights Act par une « UK Bill of Rights », et depuis 2016, la question a été éclipsée par le référendum sur la sortie de l’Union Européenne et les négociations du Brexit. Finalement, en janvier 2021, une commission (le Human Rights Act Review Panel) a été mise en place par le gouvernement britannique afin d’étudier la question d’une « mise à jour » du Human Rights Act. S’ajoutant au fait que le Brexit implique la remise en cause de certains droits et libertés (liberté de mouvement, par exemple), tout en mettant fin à la participation des britanniques à la Charte des droits fondamentaux de l’UE, cette volonté de remettre en cause un texte fondamental pour la protection des droits humains au Royaume-Uni a provoqué de vives inquiétudes au sein des ONG, ainsi qu’au parlement britannique. En outre, les débats publics sur l’impact de l’euroscepticisme sur la protection des droits humains mettent en évidence des désaccords profonds entre les institutions nées de la dévolution et le gouvernement britannique et posent des questions de gouvernance et de démocratie. 

Ces divergences représentent-elles une menace de plus pour l’Union entre les quatre nations du Royaume-Uni, déjà mise à mal par le Brexit ? Dans quelle mesure l’adhésion à la CEDH et le Human Rights Act ont-ils renforcé la protection des droits humains au Royaume-Uni, et quel pourrait être l’impact de leur éventuel remplacement par une charte britannique des droits fondamentaux, comme l’ont proposé les Conservateurs ? Le colloque tentera d’apporter des éclairages sur toutes ces questions, grâce à des contributions de chercheurs de disciplines variées (droit, histoire, science politique ou encore étude des médias) travaillant en France et au Royaume-Uni.

Programme

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