• Du 01 novembre 2022 au 17 novembre 2022
    Campus Tertre
    Le séminaire devrait se dérouler soit à la FLCE soit au château du Tertre.
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  • Le séminaire se déroulera le 12 janvier 2023.

Organisateurs : Aurélie GENDRAT-CLAUDEL & Yann LIGNEREUX

Le pôle Humanités est engagé dans l’élaboration et l’animation d’une grande thématique scientifique, « Faire société : identité(s) en question » déclinée, entre autres perspectives, échelles, méthodologies et horizons de sources et d’analyses, à travers les notions de transmission et de transition.

L’ambition de ce chantier est double : il s’agit non seulement, en effet, de travailler ensemble sur une thématique qui est à la fois centrale dans nos objets et à leur périphérie en ce qu’elle fronde régulièrement les limites épistémologiques de nos disciplines, mais encore d’exporter ces heureuses frictions pluridisciplinaires « de proximité » à l’échelle plus large des interactions scientifiques que nous construisons avec nos collègues du pôle Sociétés. Si la thématique « Faire société », dans la richesse et la diversité de ses horizons, est susceptible de mobiliser chacun d’entre nous selon, bien évidemment, différents degrés, temporalités et possibilités d’engagement, nous sommes bien conscients qu’elle n’est – et ne doit surtout – pas être exclusive de la publicité et du soutien que le pôle peut apporter à nos travaux scientifiques, collectifs et singuliers.

De manière parallèle aux manifestations qui seront donc organisées dans le cadre de « Faire société : identité(s) en question », à l’échelle de ce dialogue avec le pôle Sociétés, nous proposons, au niveau polaire et dans un premier niveau d’interconnaissances, pour 2022-2023, un petit cycle de réflexions autour du paysage. Abordée dans une première séquence sous la forme d’un séminaire exploratoire en janvier prochain, une journée d’études complétera, à l’automne 2023, le projet scientifique.

Nous sommes alors très heureux, Aurélie Gendrat-Claudel et moi, de vous proposer cet appel à communication pour vous inviter à prendre part au séminaire du 12 janvier prochain. Je profite de ce message pour remercier le CRINI et sa directrice, Karine Durin, d’avoir accepté d’être la cheville ouvrière de cette première manifestation scientifique polaire, et l’ensemble des collègues du pôle Humanités pour leur implication dans l’organisation de cet événement.
 
Appel à communication :
Réponse à transmettre à aurelie.gendrat-claudel@univnantes.fr et à yann.lignereux@univ-nantes.fr avant le 17 novembre

 
Dans un contexte où les sciences humaines posent désormais la question de la nature et des rapports de l’homme avec son milieu dans le cadre interdisciplinaire des humanités environnementales, la notion de paysage peut aujourd’hui paraître désuète. Toutefois, précisément parce que le mot « paysage » renvoie non à un champ d’études, mais à un objet à la fois difficile à saisir et immédiatement familier, qu’il s’agisse d’une expérience sensible de la nature (le paysage in situ) ou d’une figuration artistique ou littéraire (le paysage in arte), il reste ouvert et pour ainsi dire accueillant, même pour des chercheurs et des chercheuses qui ne travaillent pas spécifiquement dans le domaine des humanités environnementales ou des Landscape studies. Les propositions de communication peuvent donc décliner différentes interprétations du paysage et convoquer des méthodologies variées. Le séminaire pourra notamment aborder :
 
1) Les paysages du passé, tels que peuvent les restituer l’archéologie et l’histoire, à partir de sources variées (traces matérielles, documents historiographiques, témoignages…).
 
L’anthropisation des sites, la conservation et la patrimonialisation de certains espaces, sont autant de questions que peut étayer une étude en diachronie des discours sur le paysage, tels que les transmettent, entre autres, les traités du paysage et des jardins au fil des siècles. D’un point de vue méthodologique et épistémologique, l’attention aux paysages du passé soulève la question de notre « accès aux paysages », qui s’est trouvée enrichie ces dernières années par la création de véritables « corpus de paysages », grâce à la numérisation d’une vaste documentation dont les supports hétérogènes peuvent désormais être mis en regard plus facilement.
 
2) Les aspects géographiques et écologiques du paysage contemporain...
 
... mais aussi la dimension sociale de l’aménagement du territoire, à une époque où, face à certaines politiques publiques, s’élèvent des voix toujours plus nombreuses pour demander la fin de la « touristification » au profit du « soin des paysages et de la société », comme le fait à Nantes le collectif PUMA3, l’association de deux préoccupations (paysages / société) autrefois distinctes venant rappeler que la question du paysage est désormais indissociable d’enjeux sociaux, comme en témoigne la centralité qu’ont acquise depuis plusieurs décennies les usagers, les populations, les pratiques quotidiennes dans l’étude des paysages.
 
3) Les extensions possibles, dans différents domaines d’étude intéressés par le paysage (histoire de l’art, littérature, philosophie, psychologie…),

de concepts récents, comme celui d’« écosensibilité » développé par Michel Collot4, dans le prolongement des travaux d’Arnold Berleant sur le paysage comme « expérience holistique »5. Michel Collot propose de parler d’écosensibilité pour désigner le « mouvement […] d’ouverture de la conscience à son environnement », mouvement né avec le romantisme : loin d’exprimer le triomphe de la subjectivité, le romantisme manifesterait au contraire une attention à la nature tout à la fois esthésiologique, affective, esthétique et éthique, très présente aujourd’hui dans les pratiques sociales et artistiques.
 
4) Les représentations du paysage dans les différents arts (peinture, photographie, vidéo, cinéma, BD…) et dans les littératures d’époques et d’aires linguistiques variées.

On peut notamment réfléchir aux nouvelles articulations, dans l’étude des productions artistiques et littéraires, entre Landscape studies, écocritique, Gender studies et même Animal studies et zoopoétique, lorsque l’on s’intéresse aux acteurs non-humains du paysage et à leur figuration artistique.