Ce colloque international est le troisième d'une série dont la finalité est une réflexion sur l'emploi et le travail des femmes.

Le premier, organisé par Martine Stirling en octobre 2014, s'interrogeait sur les causes de la situation professionnelle majoritairement inférieure des employées par rapport à leurs homologues masculins dans différents pays européens en termes d'autorité, de salaire et de position hiérarchique à compétences et/ou qualifications égales voire supérieures.

Le second, organisé par Martine Stirling et Delphine Sangu en juin 2016, toujours à l'échelle européenne, cherchait à montrer comment les femmes, au fil des années, avaient su adapter leur mode et techniques de travail à leur environnement familial, social mais aussi technologique. Nous avions ciblé plus particulièrement la période s'écoulant entre le début du 19e et l'heure actuelle, où la révolution industrielle puis, deux siècles plus tard, la révolution numérique, avaient modifié radicalement la conception même du travail et le mode de vie des familles et donc des femmes. Nous avions cherché à montrer comment et dans quelle mesure ces changements avaient transformé le rapport des femmes à leur(s) outil(s) de travail dans les pays étudiés, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et la Roumanie.

Ce troisième colloque porte sur le regard actuel/contemporain qui est posé sur les femmes et par les femmes sur leur travail à l’échelle non seulement européenne mais, plus largement, mondiale. En effet, si la législation, dans de nombreux pays, leur a permis d'intégrer la majorité des domaines d'activité et de dépasser "l'ancrage" de leur foyer, il subsiste un écart important entre théorie et pratique en termes d'acquis qui restent souvent fragiles (Perrot, 2006). De nombreuses recherches mettent en évidence le fossé qui reste à franchir en termes d'égalité professionnelle, fossé plus large dans certains secteurs professionnels et géographiques que d'autres (Maruani, 2013). Elles posent aussi la question du manque de reconnaissance du travail des femmes.  En 2016, une enquête de l'ONU évaluait l'apport du travail non rémunéré des femmes entre 10 et 39% du PIB selon les pays, contribuant plus à l'économie que des secteurs-clés comme le commerce, l'industrie et les transports. Chaque année, le 5 avril, le  Canada commémore la Journée Mondiale du Travail Invisible. Cette initiative, reprise par de nombreux pays, reste toutefois moins connue que la Journée Internationale des (Droits des) Femmes du 8 mars, bien qu’elle partage certains de ses objectifs.

Les propositions de communications en anglais, en français et en espagnol comprendront un résumé de 300 mots environ et une brève notice biographique et seront envoyées pour le 1er Mars 2019 à martine.stirling@univ-nantes.fr, delphine.sangu@univ-nantes.fr,  Emilie.Lehours@univ-nantes.fr et Gloria.Paganini@univ-nantes.fr.