• Le 28 janvier 2021 de 14:00 à 16:00
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  • de 14h à 16h

La quatrième séance du séminaire « Identités et processus de patrimonialisation » s'intitulera "Identités hybrides et mémoires entravées de l'histoire franco-allemande : une approche artistique à partir de la trace" et sera tenue par Susanne Müller.

Résumé : L'étymologie du mot trace, du latin tractus, « trait », souligne la proximité, voire l'interdépendance entre les actions « suivre à la trace » et « faire une trace ». Ce dédoublement se laisse rapprocher du travail du/de la chercheur/se qui, dans un même mouvement, se penche sur le pré-existant et génère du savoir nouveau. En Arts plastiques, la trace relève davantage du trait physique – le tracé – que dessine le geste du corps. Mais elle y est aussi liée à la sphère mentale, psychologique ou imaginaire, dans la mesure où c'est le plus souvent l'intime qui nous « met sur la trace ».
La communication a pour objectif de re-tracer l'histoire franco-allemande à travers une présentation de mes propres travaux (théoriques et artistiques) qui s'appuient essentiellement sur mon expérience d'Allemande vivant en France, autrement dit sur cette « inquiétante familiarité » (das Unheimliche en allemand) qu'évoquent les traces des guerres du XXe siècle qui ont opposé à plusieurs reprises les ennemies « héréditaires », Français et Allemands. La présence des Allemands au cours des annexions et occupations, notamment dans l'est de la France, montre cependant que l'histoire est plus complexe que ne la donnent à voir la plupart des monuments évoquant les morts « pour la France » ou les résistants assassinés « par les Allemands ».
A partir d'une recherche alliant méthodes artistiques et questionnements psychologiques et historiques abordant autant la Grande Histoire que l'histoire personnelle et familiale, mes travaux entendent proposer des pistes pour mettre en résonance un passé souvent enfoui avec ce qui anime le présent.
L'intervention s'articule en trois temps :
  1. Sur les traces d'une inquiétante familiarité : les plaques commémoratives de la Seconde Guerre Mondiale à Paris et la quête de soi
  2. Paysage(s) de l'étrange : retracer l'identité hybride et la mémoire entravée du Grand Est
  3. Interroger la frontière et l'altérité à travers la production artistique 

Inscription

Intervenante

Susanne Müller est Maître de Conférences en Arts et Sciences de l'art à l'Université de Lorraine, affectée à l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation. Membre du Centre de Recherche sur les Médiation (CREM), elle a également une formation de psychologue clinicienne.
Sa recherche porte sur « l'inquiétante étrangeté » (das Unheimliche) dans l'art contemporain en général et la photographie plasticienne en particulier. Plus généralement, elle interroge la création artistique à travers des concepts issus des sciences humaines et en lien avec des sociétés en crise. L'histoire franco-allemande et les guerres du XXe siècle prennent une place importante dans sa recherche-création. Dans le cadre du projet Paysage(s) de l'étrange dont elle est co-porteuse, elle a organisé plusieurs colloques et expositions en lien avec l'histoire du Grand Est.
Susanne Müller est l'auteure de L'inquiétante étrangeté à l'œuvre : das Unheimliche et l'art contemporain (Paris, Publications de la Sorbonne, 2016) et directrice de publication de deux volumes thématiques de la revue psychanalytique germanophone Y (Berlin, Parodos) ainsi que de deux ouvrages réunissant des actes de colloque de Paysage(s) de l'étrange. Diverses publications d'articles, de traductions et participations à des expositions en France et à l'étranger.