Présentation

Un séminaire de recherche mensuel est organisé au sein du thème 2 du Crini afin de rassembler des chercheur.e.s, des doctorant.e.s et des étudiant.e.s autour des projets de recherche (interdisciplinaires) en lien avec l'objet d'étude n° 2  « Identités et processus de patrimonialisation ».
Sont invités pour les premières séances, qui auront lieu pendant le premier semestre 2020/2021, des chercheur.e.s externe.s dont les thématiques et les spécialités de recherche correspondent aux activités scientifiques menées au sein du thème 2 du Crini. L'objectif de ce séminaire est d'enrichir les perspectives interdisciplinaires sur les « Identités et les processus de patrimonialisation », en questionnant - aux niveaux théorique, méthodologique et empirique - les notions de « stéréotype » (auto-stéréotypes / hétéro-stéréotypes) et de « représentation » (représentations : sociales / collectives / culturelles...).
Selon le contexte, les intervenants peuvent réaliser leurs présentations en présentiel ou via visioconférence. Les séminaires de recherche ont une durée d'environ deux heures, les présentations ont une durée de 45-50 minutes. Elles sont suivies de discussions et d'échanges, et cela aussi en vue de la préparation d'un colloque (international) prévu en automne 2021 à la FLCE (Nantes).
 

Manifestation à venir

Jeudi 28 janvier 2021 de 14h à 16h
En visioconférence
Séance 4 : "Identités hybrides et mémoires entravées de l'histoire franco-allemande : une approche artistique à partir de la trace "
  • Intervenante : Susanne Müller
Résumé : L'étymologie du mot trace, du latin tractus, « trait », souligne la proximité, voire l'interdépendance entre les actions « suivre à la trace » et « faire une trace ». Ce dédoublement se laisse rapprocher du travail du/de la chercheur/se qui, dans un même mouvement, se penche sur le pré-existant et génère du savoir nouveau. En Arts plastiques, la trace relève davantage du trait physique – le tracé – que dessine le geste du corps. Mais elle y est aussi liée à la sphère mentale, psychologique ou imaginaire, dans la mesure où c'est le plus souvent l'intime qui nous « met sur la trace ».
La communication a pour objectif de re-tracer l'histoire franco-allemande à travers une présentation de mes propres travaux (théoriques et artistiques) qui s'appuient essentiellement sur mon expérience d'Allemande vivant en France, autrement dit sur cette « inquiétante familiarité » (das Unheimliche en allemand) qu'évoquent les traces des guerres du XXe siècle qui ont opposé à plusieurs reprises les ennemies « héréditaires », Français et Allemands. La présence des Allemands au cours des annexions et occupations, notamment dans l'est de la France, montre cependant que l'histoire est plus complexe que ne la donnent à voir la plupart des monuments évoquant les morts « pour la France » ou les résistants assassinés « par les Allemands ».
A partir d'une recherche alliant méthodes artistiques et questionnements psychologiques et historiques abordant autant la Grande Histoire que l'histoire personnelle et familiale, mes travaux entendent proposer des pistes pour mettre en résonance un passé souvent enfoui avec ce qui anime le présent.
L'intervention s'articule en trois temps :
  1. Sur les traces d'une inquiétante familiarité : les plaques commémoratives de la Seconde Guerre Mondiale à Paris et la quête de soi
  2. Paysage(s) de l'étrange : retracer l'identité hybride et la mémoire entravée du Grand Est
  3. Interroger la frontière et l'altérité à travers la production artistique 

Manifestations passées

Vendredi 18 décembre 2020
En visioconférence
Séance 3 : "La patrimonialisation : une recatégorisation des objets sémantiques"
  • Intervenantes : Olga Galatanu et Valérie Rochaix.
Résumé : Déclarer qu’un objet du monde est un objet du patrimoine culturel est un acte qui, du point de vue institutionnel, assure la mise en œuvre de sa protection afin de rendre possible sa transmission. D’un point de vue linguistique, cet acte s’accompagne d’une reconstruction des propriétés sémantiques de cet objet, qui modifie les enchainements prévisibles en contexte.  De « immeuble vieux » donc « à détruire », il déplace les probabilités de construire des énoncés tels que « cet immeuble est vieux donc il doit être conservé ».
 Nous proposons ici une approche onomasiologique et disciplinaire du patrimoine culturel en l’appréhendant comme un processus discursif, et même pragmatique – un fait institutionnel construit (Searle, 1969, 1995b) mais aussi un processus sémantique dans la mesure où il s’appuie sur – en même temps qu’il provoque – une recatégorisation des objets sémantiques ici, « l’immeuble X », dont les affordances artefactuelles s’effacent, ou en tous les cas s’estompent, au profit de celles du patrimoine culturel. Décrit dans le cadre de la Sémantique des Possibles Argumentatifs (Galatanu, 2007, 2009, 2013, 2018), ce mécanisme appelle une ontologie sémantique de la patrimonialisation qui sans contredire la conceptualisation du domaine issue des sciences humaines et sociales insiste sur le processus et sa dimension argumentative.
Notre présentation sera structurée en trois temps : une explicitation de notre double point de vue sur l’objet, qui justifie notre second point, une ontologie sémantique de la patrimonialisation et enfin, une illustration avec un objet du patrimoine bâti.