Présentation

Un séminaire de recherche mensuel est organisé au sein du thème 2 du Crini afin de rassembler des chercheur.e.s, des doctorant.e.s et des étudiant.e.s autour des projets de recherche (interdisciplinaires) en lien avec l'objet d'étude n° 2  « Identités et processus de patrimonialisation ».
Sont invités pour les premières séances, qui auront lieu pendant le premier semestre 2020/2021, des chercheur.e.s externe.s dont les thématiques et les spécialités de recherche correspondent aux activités scientifiques menées au sein du thème 2 du Crini. L'objectif de ce séminaire est d'enrichir les perspectives interdisciplinaires sur les « Identités et les processus de patrimonialisation », en questionnant - aux niveaux théorique, méthodologique et empirique - les notions de « stéréotype » (auto-stéréotypes / hétéro-stéréotypes) et de « représentation » (représentations : sociales / collectives / culturelles...).
Selon le contexte, les intervenants peuvent réaliser leurs présentations en présentiel ou via visioconférence. Les séminaires de recherche ont une durée d'environ deux heures, les présentations ont une durée de 45-50 minutes. Elles sont suivies de discussions et d'échanges, et cela aussi en vue de la préparation d'un colloque (international) prévu en automne 2021 à la FLCE (Nantes).
 

Manifestation à venir

Vendredi 5 mars 2021 de 14h à 16h
En visioconférence
Séance 5 : "Représentations du passé allemand en Europe centrale et ordre muséal : Le dispositif des « musées § 96 » (loi fédérale sur les expulsés)"
  • Intervenant : Christian Jacques
Résumé : Après 1990 et dans le contexte du processus de réunification, l’écriture ou la réécriture du passé allemand en Europe centrale fut un enjeu politique et sociétal de première importance. Il compte sans aucun doute parmi les thématiques les plus controversées au sein des espaces publics allemands et centre-européens de l’époque. Le sujet n’était certes pas nouveau et l’on peut même considérer que le « passé douloureux » des expulsions des populations allemandes ou germanophones des territoires orientaux du Reich après 1945 constitue un des lieux de mémoires autour desquels s’est articulé le « grand roman national » de la République fédérale. Mais, malgré le processus de dépolarisation du contexte géopolitique et le rapprochement avec les États voisins, la mise en exergue du statut victimaire des populations allemandes continuait de poser problème.
En lien avec les problématiques abordées au sein du thème 2 (Crini), ma contribution propose de revenir sur l’évolution du « dispositif mémoriel » que constituent les musées dits « musées §96 » (de la loi de 1953 sur les Expulsés) et de voir en quoi ceux-ci ont pu – ou non – contribuer à la réécriture du récit national en Allemagne. En quoi ces musées ont-ils permis de revisiter ou de réinterpréter le passé des espaces culturels et historiques considérés et de les inscrire dans une dimension véritablement transnationale ?
Nous nous proposons pour cela de revenir – dans leurs grands traits – sur les différentes stratégies de muséalisation et/ou de patrimonialisation de ce « passé allemand » d’Europe centrale et orientale développés au niveau fédéral et régional. Nous tenterons de présenter les acceptions de ce paragraphe culturel que constituent ces institutions muséales, paragraphe selon lequel « L’État fédéral et les Länder […] se doivent de participer de la préservation du patrimoine culturel (Kulturerbe) dans la conscience des Expulsés et des Réfugiés, de l’ensemble du peuple allemand et à l’Étranger ».
 

Manifestations passées

Jeudi 28 janvier 2021 de 14h à 16h
En visioconférence
Séance 4 : "Identités hybrides et mémoires entravées de l'histoire franco-allemande : une approche artistique à partir de la trace "
  • Intervenante : Susanne Müller
Résumé : L'étymologie du mot trace, du latin tractus, « trait », souligne la proximité, voire l'interdépendance entre les actions « suivre à la trace » et « faire une trace ». Ce dédoublement se laisse rapprocher du travail du/de la chercheur/se qui, dans un même mouvement, se penche sur le pré-existant et génère du savoir nouveau. En Arts plastiques, la trace relève davantage du trait physique – le tracé – que dessine le geste du corps. Mais elle y est aussi liée à la sphère mentale, psychologique ou imaginaire, dans la mesure où c'est le plus souvent l'intime qui nous « met sur la trace ».
La communication a pour objectif de re-tracer l'histoire franco-allemande à travers une présentation de mes propres travaux (théoriques et artistiques) qui s'appuient essentiellement sur mon expérience d'Allemande vivant en France, autrement dit sur cette « inquiétante familiarité » (das Unheimliche en allemand) qu'évoquent les traces des guerres du XXe siècle qui ont opposé à plusieurs reprises les ennemies « héréditaires », Français et Allemands. La présence des Allemands au cours des annexions et occupations, notamment dans l'est de la France, montre cependant que l'histoire est plus complexe que ne la donnent à voir la plupart des monuments évoquant les morts « pour la France » ou les résistants assassinés « par les Allemands ».
A partir d'une recherche alliant méthodes artistiques et questionnements psychologiques et historiques abordant autant la Grande Histoire que l'histoire personnelle et familiale, mes travaux entendent proposer des pistes pour mettre en résonance un passé souvent enfoui avec ce qui anime le présent.
L'intervention s'articule en trois temps :
  1. Sur les traces d'une inquiétante familiarité : les plaques commémoratives de la Seconde Guerre Mondiale à Paris et la quête de soi
  2. Paysage(s) de l'étrange : retracer l'identité hybride et la mémoire entravée du Grand Est
  3. Interroger la frontière et l'altérité à travers la production artistique