• Du 10 octobre 2019 au 12 octobre 2019
    Campus Tertre
  • Faculté des Langues et Cultures Étrangères (FLCE)

La réflexion sur cette thématique s'est articulée en deux temps : une journée d'étude à l'Université de Nantes (12 octobre 2018) et un colloque international du 10 au 12 octobre 2019. L' histoire des XIXème XXème et XXIème siècle présente à plusieurs reprises des situations politiques, sociales et économiques dans lesquelles une société passe soudainement ou plus graduellement d'une situation de « normalité » quotidienne (fût-elle de crise) à celle d'un conflit plus ou moins larvé, plus ou moins violent, qui débouche sur une véritable guerre civile. Ce processus a été celui qu'ont connu, en autres, certains pays européens ainsi que de nombreux pays en Amérique latine.

Ce moment de basculement peut être analysé et décrit au moyen d'outils différents et complémentaires. Si l'interrogation sur ce processus apparaît avant tout comme celle des historiens par le biais des recherches scientifiques qui sont les leurs, il semble intéressant et légitime d'étudier comment les imaginaires et les ressentis des sociétés qui ont vécu ces situations sont traduits et pris en compte grâce aux instruments d'autres champs disciplinaires comme la littérature, la peinture, la photographie, le cinéma, la bande dessinée... Les outils de l'historien peuvent alors se combiner avec ceux des créateurs et des journalistes dans une série de croisements et de dialogues qui interrogent et analysent ce point de non-retour et tentent de restituer une « vérité » : celle vécue par des populations qui se sont retrouvées au cœur du maelstrom historique.        
Le colloque se propose donc d'examiner ce moment particulier de basculement dans l'histoire des guerres civiles de certaines sociétés à travers le prisme combiné de la recherche scientifique historique et de la restitution artistique d'une expérience sociale paroxystique. Interrogeant les champs géographiques et culturels de l'Europe et des Amériques, il se donne pour tâche d'analyser par quels moyens l'histoire, la littérature, les arts plastiques et audiovisuels ont tenté d'explorer ce passage d'une société  à une autre, d'une situation plus ou moins apaisée politiquement et socialement à une crise ou une rupture susceptible d’entraîner une guerre civile.
On s’interrogera également sur le concept de guerre civile en Amérique latine, sa spécificité, ses origines et ses conséquences, du XIXème au XXIème siècle, mais aussi sur ses différences avec l’Europe : existe-t-il un « modèle » ou un stéréotype de la guerre civile en Europe et en Amérique latine ? Dans quelle mesure peut-on dire, avec l’écrivain colombien Santiago Gamboa que  « la guerre est un fait culturel dans le sens où elle suscite un débat, s’insère dans l’imaginaire d’une société et dans sa mémoire et par conséquent façonne les idées qui finissent par devenir culture » ? Dans les arts et la littérature, mais aussi dans la mémoire collective, on  s’intéressera aux représentations de l’Etat-Nation auxquelles ce phénomène a donné naissance : l’engagement des poètes latino-américains pendant la guerre d’Espagne après une longue période de rejet de l’ancienne puissance colonisatrice, l’accueil des réfugiés espagnols en Amérique latine, etc.
Pour mieux cerner les phénomènes qui conduisent aux guerres civiles et interrogent la paix sociale, on s’intéressera enfin à certains pays parmi lesquels le Venezuela ou le Nicaragua, qui sont en passe aujourd’hui de revivre des situations que l’on pourrait qualifier de  guerre civile, avec leurs conséquences sociales et culturelles, non seulement pour l’Amérique latine mais aussi pour l’Europe.